Vœux d’anniversaire…

Aujourd’hui est le jour de l’anniversaire d’un petit homme cher à mon cœur.
Je l’ai connu, il n’avait pas dix-sept ans.

Je me souviens de la toute première fois où je l’ai rencontré. Ça me revient brutalement.
Je développe :
Le hasard nous fit nous croiser bien avant que les présentations officielles ne soient faites. Dans la rue, en ville. Son père et moi nous tenions par la main, à baguenauder dans les rues pour faire connaissance avec ce qui deviendra mon univers. Entre deux draches et deux rayons de soleil en plein mois d’Août. Les pieds trempés dans mes sandalettes et ma petite robe d’été fripée.
Je me souviens de ma contrariété à me projeter de vivre dans un pays aussi taquin météorologiquement parlant. Moi qui revenais de Montpelier, tu vois d’ici l’brin dans ma tête ! “Le brin” : expression typiquement belge. 😉
Et puis, un parfum de gaufre. Ce même parfum qui me fait toujours faire le même détour, encore actuellement, lorsque je me trouve en ville.
L’appel était déjà trop fort : direction la marchande de gaufres.
Et puis là, sur le chemin, une petite tête brune qui dépassait de la foule. Je ne le connaissais pas mais je l’ai reconnu. Son père, en plus jeune, plus crolé (« frisé » en belge), l’œil vif qui, sans aucun doute, m’avait repérée de bien loin, lui aussi.
Le père et le fils en présence. Un ami l’accompagnait. Une discussion légère, sans vague.
Je crois que je suis resté muette. Je crois que j’étais impressionnée. Je pressentais déjà que ce petit cœur deviendrait l’une des choses les plus chérissable de mon existence.
Je connaissais, en partie, son histoire et désirais ne pas l’alourdir de ma présence, car je le savais aussi : je resterais auprès de mon amoureux qui m’apportait tant.
Nous devrions donc, ce petit bouchon et moi, nous “habituer” l’un à l’autre.
Quant à Nâm et moi, nous avions comme travail à venir, de faire avec l’existence de l’autre.
Vous qui avez refait votre vie sur le “tard”, vous me comprendrez.

Aussi, ce jour là, je découvris la part cachée de mon Chéri, le fond de son cœur, le fruit de son amour, le gouffre et sa grande fragilité ; je découvris l’être qui compte plus que tout au monde, celui que si tu le touches, t’es mort, celui qui transcende sa raison d’être en vie, celui qui est porteur de tous ses espoirs et de tout son amour. Ce petit bout d’chou au large sourire et au regard d’acier. Ce petit mec (à l’époque) chargé de l’affection de ses parents aimants qui diffuse autour de lui une force impalpable mais bien réelle. Sans doute n’en était-il pas conscient. Depuis, les bonnes bases transmises par ses aïeux, ont œuvré pour son développement. Depuis, je crois, il vit harmonieusement, ces forces multiples qui le parcourent et le rendent tantôt vainqueur, tantôt arrogant. De cette arrogance des jeunes années qui font pousser haut les bonnes graines.

Un bisou d’au revoir. Oui, ici, on ne fait qu’une bise (et pas deux ou trois, ou quatre. Juste une). Un “À la prochaine” et chacun reprit le cours de sa vie (et moi, le chemin vers ma gaufre à la chantilly).
Pas le temps de me la déguster qu’un léger picotement vint me chatouiller le bord supérieur de ma lèvre. Je finis ma gaufre avec un bon thé, je m’en vais faire un tour à la toilette (oui c’est au singulier ici). Je me mire dans le miroir et je découvre la belle poussée d’un bouton de fièvre sur ma bouche. Je me dis que la chantilly était avariée.
Puis, cette petite brulure qui perdura dans l’après-midi m’en rappela d’autres ; celles où elle prit place sur ma face à chaque gros évènement dans ma vie.
Force fut de constater que cette première entrevue avait bouleversé mon organisme tout entier au point de me faire chauffer le sang.
Aucun doute : j’étais en présence de mon avenir et je devais prendre soin de cette relation qui venait de naître brutalement après quelques mois de danse amoureuse rien qu’à deux. Dorénavant nous serions trois. Et mon petit corps fragile et peureux avait réagi violemment.
Pas de panique, ce n’est que du bonheur. Oui mais à cette époque là, moi, le bonheur, ça me faisait paniquer. Donc, panique à bord. Le spot sur ma bouche flaschait comme un gyrophare. Il repartit comme il vint. Le temps de comprendre le message et d’accepter enfin l’amour qui ne demandait qu’à se propager autour de moi.

Le temps a passé. Les rencontres furent de plus en plus longues, de plus en plus fréquentes.
Le bonheur s’installa dans ma vie, vaillamment, fidèlement. Mon Chéri en tête de proue. Son “tout petit” prit sa place dans mon cœur, doucettement, normalement. Évidence.
Je participais, à mon niveau, à son avancée. J’apportais mes conseils, mon soutien et mon affection. Mais bon sang, ce qu’il en a réalisé des choses en quatre ans et ce, sans l’aide de personne en fait. Sa volonté, son courage et sa pugnacité. Un jeune homme se développait sous nos yeux. Comme un spectacle joyeux. Respect.
Tant de choses positives se sont passées depuis lors. Le lien s’instaure. Le manque aussi, parfois.
Il a grandi. Il se développe, fort et fiable comme son père.
Il rua quelque fois à la recherche du poitrail de son paternel. Paternel à la forte caisse de résonance qui resta calme et compréhensif mais toujours calé sur ses idées. Ah aaah… les différents entre ces deux là !
Ils parlent fort dans des conversations passionnées.
Je me souviens aussi des premières conversations auxquelles j’assistais entre son père et lui. Ça montait le ton, ça brassait fort de l’air dans la maison.
C’est qu’en fait par ici, je l’ai découvert avec le temps, les gens parlent fort (du moins pour moi qui vient d’un “pays” où le ton est plus nuancé) et deux belges avec des origines méditerranéennes, vous voyez le tableau !
Je me souviens avoir voulu partir en courant, petite sauvage aux oreilles fragiles que j’étais. Mais c’était “normal”. De la communication sans barrière. Un ado en recherche. Un papa un peu dépassé. Et puis moi, une muette chronique qui maintenant, a bien évolué dans sa capacité à dialoguer.
Deux tempéraments forts. Depuis, je me suis habituée. C’est de la passion qui se dégage quand je suis en présence de ces deux là. Je me suis habituée ou bien, ils se sont assagis. Je ne sais pas trop. Le lien s’harmonise. L’amour est fort. La compréhension mutuelle ; et l’intelligence émotionnelle présente, tellement présente. Merci.
Toujours est-il que lorsque je suis en présence de ces deux hommes (car tu es un homme maintenant), je me sens bien. Je vous sens bien. Je me sens chez moi.
Qu’il neige, qu’il drache ou que le soleil nous fasse l’honneur de sa présence, je suis à ma place, entre ces deux cœurs forts et fidèles.

Aujourd’hui est donc le jour de tes vingt et un ans. Pour moi, c’est le moment véritable du passage à l’âge adulte (plus que les dix-huit ans). L’adolescent disparait pour laisser apparaître l’homme qui se préparait dans ce petit corps chétif et meurtri par les douloureux évènements de la vie.
Je suis heureuse pour toi. Tu grandis bien. Tu deviens un homme bien et tu portes haut les valeurs transmises par tes parents.
Ton papa et ta maman ont bien œuvré et tu as su te développer envers et contre tout/tous.
J’ai envie de les remercier tous les deux pour ce jour béni qui t’a vu naître.
Je sais combien tu étais attendu et combien tu as été aimé dès ton premier inspire. Tu as eu cette chance.
Je suis arrivé bien tard dans ta vie. J’espérais secrètement que tes parents se remettent ensemble. Ça arrive parfois. Peut-être l’espérais-tu aussi. Mais ce ne fut pas le cas. Je suis là et tu m’as acceptée. Je te remercie aussi pour celà.
Tes parents t’aiment fort, assurément, mais te voilà flanqué d’une “belle-mère” qui s’ajoute à cette ronde autour de toi.
J’espère ne jamais t’étouffer et toujours savoir t’apporter mon soutien.
Je garde ma place et en dedans, régulièrement, lorsque je te sens le moral en berne, je te serre fort dans mes bras, comme l’enfant chéri que tu représentes pour moi ; Un enfant tout fait. Un enfant parfait.

Aujourd’hui devrait être le jour où je dois abandonner les Mon ti’bouchon, M’chou, Ticœur, Tichat, Tid’hôm, Tiloup et autres petits noms de petit garçon adorable et adoré que je te donne. Oui, tu es un grand maintenant. Va falloir que l’on s’y fasse ici à la maison.
Je vais essayer. Ce n’est pas gagné ! 😉

Que ce passage t’apporte le meilleur. Que cette nouvelle année te réserve encore de belles découvertes, des challenges comme tu les aimes et te porte loin par delà tes espérances.

Joyeux anniversaire à toi, petit cœur d’homme en plein épanouissement  ❤

©À Vent Semant