Tarte aux fraises

“Comme la fraise a goût de fraise, la vie a goût de bonheur.”
Emile Chartier, dit Alain.

Aventsemant. Tarteauxfraises

C’est moi qui l’ai faite ^_^

 

 

 

À la taille…

Aventsemant.AlaTaille

Aaah… le doux bruit de mobylette trafiquée du taille haie du voisin au matin. L’odeur d’essence qui s’infiltre dans la maison aux fenêtres grande ouvertes pour laisser entrer le reste de fraîcheur de l’aube.
Elle s’éteint. Ouf ! Elle redémarre… Elle s’éteint et elle redémarre encore et encore.

L’arrachage des cimes de vos « sapinounets » sans aucune technique d’approche : on coupe, on dégnape et que rien ne dépasse !
Un nid de roitelets ou de mésanges ? Rin à fout’ ! 
Qu’il est loin le temps où le jardinier passait un temps infini avec chaque branchette afin de penser comme l’arbre, de le ressentir, de respecter chacune de ses parcelles dans sa croissance et de se détourner du piaillement d’une nichée.
J’ai appris à tailler à la main, avec un taille haie qui te fait des biscotos d’enfer (oui, t’as pas vu ma carrure d’athlète? ) et qui te plonge dans l’univers secret du cœur du végétal.
Tu n’existes plus. Tu es le prolongement de l’outil et tu penses à chacune des cicatrices que tu vas laisser. Chaque coup de cisaille est pensé. Tu es dans l’estime pur.

Papipoutoudoux, je pense à toi qui m’as enseigné cet art.
Je pense aussi aux petites haies de Charmilles que tu travaillais avec amour en entrelaçant les jeunes pousses afin qu’elles se développent harmonieusement et se transforment en mur végétal. C’était beau. C’était fait avec amour et ça se voyait. Tu en étais fier et c’était bien normal.
Tu sais que Nâm taille encore sa haie avec ce vieil outil délaissé par tant de jardiniers du dimanche ? Celui de son grand-père justement. Un objet quasi « sacré » qu’il entretient avec affection et qu’il fait revivre à chaque prise en mains.
Il ne connait pas la technique du tressage ; Oui, je lui apprendrai.

Et si c’était pour cette raison que je l’ai choisi lui ? Lui qui passe du temps à s’écorcher les bras, à enfouir sa tête dans les feuillages et à en ressortir les cheveux parsemés de « floches » roussâtres ; lui qui aime ses arbres et ne pense pas perdre son temps en les traitant avec respect ; lui qui aime prendre son temps, le temps qu’il faut, sans précipitation, pour faire les choses correctement.
À y regarder de plus près, on apprend beaucoup sur un homme (ou une femme) dans sa manière de traiter un jardin. C’est ainsi qu’il traitera le reste du monde.
Je crois que, j’en suis même certaine, Papy, c’est le bon.
Tu l’aimerais.

Je me plais à vous imaginer partir tous les deux à la conquête de ce monde verdoyant qui révèle si admirablement les qualités d’un homme bon.
Je sais que vous seriez bien à deux, heureux d’effectuer un travail humble mais porteur de sens à qui sait lire les cicatrices, toutes les cicatrices ; Merveilleux hommes ! ❤

©À Vent Semant.

Messagère à petits pois

Aventsemant. Messagère à pts pois

Petite messagère à petits pois
Impatiente de retrouver le trésor du Dahlia
Bientôt il fleurira.
©À Vent Semant

C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore

Aventsemant.C'est en croyant aux roses.

Merci la Rose !
Une éclaircie et vite une photo.
Tu ne vas pas tenir longtemps ; Avec cette pluie incessante tu vas « pourrir » plus vite que tu n’auras mis de temps pour fleurir.
Que d’efforts pour si peu de lumière.
Et tu persistes avec d’autres boutons qui se préparent. 
Petite vaillante va.
C’est ainsi cette année.
Je t’observe et je pense à cette phrase d’Anatole France :
« C’est en croyant aux roses qu’on les fait éclore ».
©À Vent Semant

ÇÀ

Aventsemant.Çà

Il y a de ces jours où tout vacille. Tu le sais toi qui a perdu un être cher que la vie bascule d’une seconde à l’autre.

Et puis ces jours où tout avance par réflexe ; tel un automate tu fais ce qu’il y a à faire.

Il y a aussi ceux où tout est « perdu », plus rien ne sert à rien, la vie n’a aucun sens et tu attends la fin.

Bien sûr tu finis par connaitre et « repérer » les cycles (enfin, comme des cycles) qui te laissent penser qu’après les empâtements, après les enlisements, les écroulements, les sourires fermés et les larmes que tu ne sais même plus les sortir tellement elles ont déferlé sur tes joues creusées par l’écœurement de l’existence ; oui tu sais que la vie est une succession de bonnes et de mauvaises « choses » et que forcément la période noire va s’arrêter (oui forcément).

Tu attends.

Tu combats.

Tu patientes.

Tu sèmes de temps à autre lorsque l’Énergie te le permet quelques graines qui s’élèveront (ou pas) mais dans le doute, tu tentes de prévoir du bonheur. Sait-on jamais.

Et puis, il y a le jour où (tout comme avec une mauvaise nouvelle, tu reçois un marteau qui disloque ton cœur et ta cage thoracique entière), le jour où inversement une parole te restitue celui-ci et le remet en selle. Tel un tour de magie qui (de derrière le rideau) t’offre l’apparition de l’objet perdu.

Alors, tu tâtes ce nouveau « truc » dans ton poitrail. Tu testes le nouvel oxygène qu’il t’apporte.

Tu t’étouffes presque de ce trop plein, d’un coup, de tant de vitalité dans l’air.

Tu recules un peu mais ta curiosité l’emporte. Et puis un ressort quelque part qui trop tendu dans le sombre te pousse violemment vers la Lumière. Tu n’as pas vraiment le choix. Tu acceptes. Et, à quoi bon refuser « çà ». De la douceur, enfin.

Bien sûr, tu le sais depuis un moment maintenant : rien ne dure vraiment (oui toujours ces satanés cycles). Tu n’es pas pessimiste mais bon, tu as eu ta dose et tu n’as qu’une vie et qu’un cœur. Tu as eu le temps d’observer, pendant tes jours de « silence ».

Tu commences à vouloir te ménager même si pour être franc, tu n’en avais plus rien à faire depuis un sacré bout de temps.

Mais là, c’est la place au Bonheur. Aussi tu ne vas pas le laisser passer.

Tu fais de la place, tu ranges, tu tries chacune de tes cellules pour qu’elle laisse entrer « çà ».

Tant que l’existence le voudra tu le capteras ici, tous les jours, jusqu’à épuisement. Et même que tu continues à semer des graines parce-que tu ne sais de quoi l’avenir sera encore fait ; La destinée est pleine de surprises, pas forcément agréables, cette petite vicieuse.

Tu ne vis plus l’euphorie comme avant les jours de deuil. C’est vrai, tu es plus nuancé. Tu la captes comme un trésor, dans chaque instant, chaque couleur, chaque levé de soleil, chaque regard croisé, chaque rire, en toute conscience. Une jouissance subtile et violente aussi.

Voilà. Aujourd’hui fut un de ces jour précieux.

Tout était là présent à faire exploser mon cœur de tant de sentiments d’affection, à faire grouiller mes tripes de tant de respect partagé et couler des larmes pour enfin exprimer autre chose que de la peine ; exprimer ma reconnaissance à cette vie qui m’attendit tout ce temps pour accéder à « çà » ; exprimer aussi sans doute le regret anticipé de la fragilité de l’instant qui ne se reproduit jamais.

Que les graines continuent dans l’ombre, à croître et m’apporter encre longtemps le fruit de ma patience et de mon amour de l’existence.

Oui, « Çà » est Allégresse et ÇÀ me plait.

©A Vent Semant.