Femmes Artistes

Documentaire sur Arte. Visible jusqu’au 4 Juillet 2016.
http://www.arte.tv/guide/fr/055161-000-A/artistes-femmes?autoplay=1

Le parfum des foins

Qui a vécu « çà » est porteur du parfum des foins au plus profond de son âme ; avec en soi, la vivacité des graines qui poussent vaille que vaille ; pour toujours… ❤

Tu prends de la place

Seulement quelques jours et tu me manques déjà.

Souvent ce sont tes bras. Des fois ce sont tes pas que je crois reconnaître s’approchant de moi. La nuit c’est ton souffle qui ne chatouille pas ma nuque, tes pieds qui n’enlacent plus les miens. Parfois c’est aussi ta voix que j’entends du fond de la maison et à laquelle je m’apprête à répondre.

Au début, cette séparation, je dois l’avouer me fait beaucoup de bien : ma solitude chérie, le rythme des journées basée sur ma seule existence, le calme et le silence (parce-que tu es une véritable pipelette tu le sais çà!?), l’épanouissement de mon Moi, rien que moi, qui me rappelle qui je suis vraiment. L’émergence de mes valeurs, de ma force et de ma vigueur. Tout cela est au rendez-vous. Tout cela ajouté aux merveilleux paysages de ma région, après le difficile épisode de l’au-revoir, m’apporte comme une bouffée d’oxygène.
Et puis, trois jours se passent et inéluctablement, le bienheureux sentiment de solitude se transforme en calvaire. L’oxygène manque.
Aaah… l’amour, qu’est-ce que ça rend fragile !

Étouffement.

Bien sûr, nous avons le téléphone auquel je reste « accrochée » tous les jours pour lire tes messages, t’écouter, te partager de mes rencontres avec enthousiasme. Ainsi, pour quelques minutes, tu es un peu là tout près de moi. Mais une fois le combiné raccroché, le temps ne veut pas s’arrêter et la bulle finit par percer.

Ce n’est pas la mort. Ouh… que non, je la connais bien. Ce n’est pas cela la mort.
Ici ce n’est pas si triste. C’est juste vide, affreusement vide. Et cela me rapproche de l’instant où la vie nous séparera.
Nous apprenons ce moment là je crois et je ne m’y fais pas. Toi qui trouves la maison bien creuse (avec comme compagnon un chat démoralisé qui perd ses poils dans l’attente de mon retour). Et moi qui me demande ce que je fabrique encore dans ma région adorée certes, plutôt que d’être auprès de l’homme que j’aime.

Mon travail est ainsi : je dois m’isoler pour travailler et puis voyager pour satisfaire les amateurs d’art qui aiment mon travail.
Je suis, une fois en mode “cocooning atelier” et une autre fois en mode “public relations”.

Grand écart.

Heureusement je suis fort occupée et je parle, je parle… (j’ai bien appris avec toi, sur les mots qui sortent. Je suis plus à l’aise je crois).
Je brasse l’air qui tasse mes épaules et puis je chasse l’autre air, celui qui tourne en rond dans mon poitrail.

Libération.

Apnée.

Libération.

Vite que nous soyons réunis à nouveau. Vite la chaleur de notre affection. Vite nos fous rires qui résonnent dans tous le quartier.

Parce qu’en vrai, je peux voir beaucoup de gens, converser de multiples fois et regarder les personnes qui me parlent (exercice toujours délicat pour un Asperger) mais ma tête est autre part ; Je ne suis pas réellement présente.
Je suis ici et ailleurs ; Dans notre “ailleurs” à nous que nous savons alimenter précieusement et qui m’apporte tant de bonheur.

Tantôt, je suis « deux ». Tantôt je suis « moitié ».

Équilibriste.

Dans mes pensées, la plupart du temps, c’est toi, tout entier, qui te promènes. Et tu prends de la place.

Tu me manques.

Long expire…

Tiens, la pluie tombe de nouveaux !?
Oui, cher Pays des Nuages, je reviens vite.

Petit sourire.

©À Vent Semant.

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Photo piochée sur GG. ©Auteur inconnu.

 

Surcharge sensorielle : quelques vidéos pour comprendre

Tellement parlant. Merci Blandine.

L'AutistoÏde

Surcharge V Les couleurs qui crachent, c’est fait exprès !

Nous devons beaucoup à Olga Bogdashina pour son ouvrage concernant le traitement des influx sensoriels chez les autistes : Questions sensorielles et perceptives dans l’autisme et le syndrome d’Asperger

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Ligérien un jour, ligérien toujours

Aventsemant. Ligérien un jour..

Je vous parle souvent de m’Allier car, en effet, je vis le long de ses rives depuis vingt-huit ans maintenant (et oui déjà!). Pourtant je suis née, j’ai vécu et grandi en bord de Loire, sa grande sœur, et j’aime la retrouver régulièrement.
Aussi je vais vous parler d’Elle.
Pour tous ceux qui se sont éveillés tout près de son lit, la Loire est comme une mère qui nous rappelle toujours auprès d’elle.
(Je subis brutalement ce tourment, moi qui m’en éloigne de plus en plus souvent, de plus en plus longtemps et je souffre de cet éloignement qui je le pressens, par obligations financières, va devenir constant. Une rupture se prépare et j’en pleure par avance).
Un ligérien, qu’il quitte le berceau ou bien reste proche de ces rives richement alimentées par les crues de printemps, restera ligérien toute sa vie ; Et toute son existence il sera imprégné de la force de ce grand Fleuve que nous, ceux d’ici, nous nommons affectueusement « LA Rivière » (une expression d’anciens mariniers qui préféraient dire « Elle » en parlant de cette ensorceleuse auprès de laquelle il fallait accumuler tant d’expériences, parfois de deuils, pour comprendre ses cycles).
Ses bras nous enchantent ou nous captivent et notre imaginaire se surpasse pour toujours la sentir auprès de nous, cette sauvage qui fait battre notre cœur et enfante tant de voyages ; Soit en scrutant le frisotis de ses flots, à rester sur les plages sablonneuses, soit en voguant réellement à l’abris d’une Toue cabanée pour rejoindre la mer et la Fin des Terres.
Les enfants de la Loire sont des ténues, des amoureux de liberté, des personnes franches à la « grande gueule », aux amitiés rares mais telles que l’on n’hésitait pas à mettre sa vie en péril pour sauver l’autre, perdu dans les écumes d’un sable mouvant.
Ces enfants là sont des solides, de ceux sur qui l’on peut compter, de ceux qui ne font pas dans la dentelle et qui ne perdent pas de temps à parader. Ils sont épris du sel de la vie ; Ce sel qui n’existe pas dans cette eau tantôt claire tantôt boueuse. Ils respectent toute forme d’existence que leur fleuve fait scintiller bien plus encore en jouant toujours des trémolos quand ils s’en approchent et quand ils lui disent au revoir.
Ce sont aussi des personnes humbles qui acceptent le cours de l’Eau, sa grande vivacité et notre impuissance à la contrôler. Accepter les règles du « Grand Tout » fait partie de notre apprentissage.
Ils sont à la frontière, dans les brumes des soleils levants sur l’eau calme, entre l’ici et l’Ailleurs. Ils savent. Ils savent et se taisent parce-qu’épris de cette grande Dame fluctuante et respectable, aucun mot n’est assez grand pour la décrire vraiment, et pour dire vrai, aucun ne veut réellement la partager. Elle est notre secret. Elle est notre force, notre « sève » et chacun, n’importe où dans le monde, saura reconnaître l’un de ses rejetons, à l’écho de sa voix, porteur de la fougue toute particulière de notre magnifique, indomptable et sauvage LOIRE. 
Post scriptum : Petite pensée pour Céline, Nicolas (se battant actuellement contre un méchant cancer) et leur adorable fillette Camille qui détiennent eux aussi cette puissante énergie de notre Loire. Force à eux. Force et courage.
©À Vent Semant.

Le Gris n’existe pas

Aventsemant. Le gris n'existe pasMa région est une merveille, une fête pour les yeux. Le gris n’existe pas.
À chaque fois que je redescends du Nord, cela me saute aux yeux (encore plus que par le passé).
Il y a toujours, pour qui sait regarder, un enchevêtrement de tons colorés, comme un kaléidoscope. Du vert, du jaune, de l’orange, du violet, de l’indigo et bien sûr, toutes sortes de bleus.
Tout est présent pour nourrir ma palette de coloriste « enragée ».
D’ailleurs, l’inspiration est au rendez-vous (j’avais presque envie de dire : « est au garde à vous »), devant cette multitude de stimulations rétiniennes.
Allez hop hop hop… un cliché pour ne pas oublier.

N’attendons pas la lumière

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Chick chick chick
Le Pic Épeiche
Chack-chack-chack
La Pie bavarde
CrooôÔw Croôw
Le Corbeau Freux
Ça se toise, ça s’ignore. Chacun ses occupations dans le jardin.
Le Corbeau au sol, à l’attaque des insectes relevés par la récente tonte du gazon, remplit son gosier pour sa nichée. La Pie boulotte, à l’abris du garde manger, des restes de cookies. Quant au Pic, il cherche la discrétion mais son plumage lumineux et contrasté le fait apparaître tel un harlequin sur la piste de cirque. En ces jours gris, on ne voit que lui, qui se fend d’un royal casse-croûte sur le tronc du Saule.
Et pendant ce temps, les Mésanges continuent leur farandole « aller-revenir » pour alimenter leurs oisillons, disposés en boules décoratives, le plumage mouillé et lourd, dans le feuillage du Pleureur, point central du jardin.
Les Merles attendent patiemment que le terrain soit dégagé pour venir picorer les vers de terre dans le potager tout frais retourné et (ô grand malheur) défricher mes petits plants de salade.
Que de vie !
Il bruine depuis plusieurs jours mais certains n’ont pas le temps de se lamenter.
Allez, hop hop hop… on se bouge, on va chercher sa pitance et on remercie le ciel de nous pleuvoir encore sur la tête.
Reproduisons ce bel élan de vie. Calquons notre humeur sur celle des oiseaux et volons encore et encore en nous languissant d’un ciel plus clément.
N’attendons pas la lumière, bâtissons-la.
Excellent week-end à tous… 
©
À Vent Semant