Débobinationite aigüe

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Séance numéro 3.
Pas envie d’y aller. Pas besoin. Je sais ce que j’ai et patati et patata…
Je bavarde et je bavarde encore (pfff… nul de payer pour çà, autant appeler ma meilleure copine).
Et puis une question. Rebondissement.
Une autre question. Direction ma méthode de travail.
La psy accroche son regard comme lorsque je parle à de fidèles clients. Je la sens passionnée par mes paroles. Je prends mes aises. Je développe. J’aime aspirer dans mon trip les gens qui m’écoutent. Et oui, je change : je deviens vraiment une « parleuse ».
Je suis dans mon élément et je kiff le fait de parler peinture (je ne connais pas de peintres par ici en Belgique pour dialoguer comme avec mes anciens potes).
Là, je sens que je suis artiste (une impression perdue qui revient douceureusement).
Je lui parle de ma technique, de mes années d’expérience et de mes thèmes de prédilection. Je suis dedans, à fond.
Intervention de sa part : raccrochement des wagons avec l’histoire en amont dans la conversation (oui, non je ne vais pas tout vous raconter non plus hein !).
Et chlaaâÂ… Bingo !!
Je reste interloquée.
Elle relance et arrive à placer plusieurs phrases à la suite. Et là, c’est moi qui suis accrochée à ses lèvres.
Bon sang de bonsoir, elle a trouvé le fil, le lien, le truc qui me plombe mon inspiration picturale depuis de nombreux mois.
– Peindre pour vous, actuellement c’est une torture.
Les mots tombent comme un couperet.
Elle a mis le doigt dessus, délicatement puis fermement et en plus elle m’ajoute des « exercices », des astuces pour faire avancer c’t’affaire positivement.
Crê nom d’un chien, j’ai une piste.
Je sais que c’est la bonne piste parce que lorsque j’ai cherché à développer, j’ai pleuré. Et les larmes ça ne triche pas.
Alors, je ferai ma toile du jour de l’an ; Je ferai ma toile de ma nouvelle vie. Une vraie toile qui dit « zut » au passé.
Une toile vierge m’attend depuis longtemps. Je la fuyais et me retrouve impatiente de la rencontrer. Je m’excuserai de l’avoir abandonnée. Elle ne m’en voudra pas. Elle va accueillir la nouvelle Rose.
Bref, je débobine la pelote, je démèle les nœuds pour mieux la rembobiner et tricoter ma vie.

– J’aimerais bien être un homme ; parce que je pourrais épouser une femme. Et lorsque l’on a une femme aimante à ses côtés, on est comme le roi du monde. J’aimerais connaître cette ivresse.
– Oui mais si elle ne t’aime pas vraiment ?
– Impossible. Tout le monde m’aime !
– Bah alors, il est où le problème ?

Réveil de Noël

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Cette année j’ai fait fort. Enfin façon de parler. Pour d’autres c’est de la routine mais pour moi c’est un bel exercice passé haut la main dont je suis fière.
Allez hop, je note cette expérience dans mon journal/blog “intime”.

Des lustres que je ne m’étais pas mise en cuisine pour le réveillon de Noël ; d’ailleurs pas que pour çà, pour beaucoup de choses à fêter j’ai la flemme et bien souvent me laisse submerger par cette triste langueur proportionnelle à l’importance de la fête. Soit le caractère de cochon de mon père qui ressort dans ces moments là (oui papa, tu avais un caractère de cochon mais ch’t’adore hein!), soit des anniversaires de deuil qui me plongent loin dans le passé, loin dans une douleur profonde qui ne veut s’amenuiser, bien peu en accord avec la joie du moment, que je rate, forcément.
Aussi, cette année, j’ai pris les devants : C’est moi qui invite !
Les potes, ceux qui n’ont plus de famille, ceux qui vont se retrouver seuls en ce soir de réveillon, que les enfants abandonnent ou qui n’en ont pas (ou plus), qui ont le cœur triste, ceux qui m’ont soutenue aussi à leur façon durant toute l’année. Je voulais de l’amour, plein d’amour, de l‘affection, de l’amitié à foison et puis surtout, je voulais les gâter.
Mon cadeau c’était çà : offrir un repas de roi à mes invités et voir leur yeux briller.
Que je vous dise tout de suite, pour ceux qui ont suivi mes préparatifs anxieux, rien n’a foiré ; J’ai tout réussi comme une super toque trois étoiles. Je n’en reviens pas.
La cuisine c’est donc comme le vélo, ça ne s’oublie pas.
Par le passé, j’ai fait ce genre de repas. D’ailleurs, depuis ma période de célibat, je suis bien en peine de faire la cuisine pour une seule personne ou bien deux (maintenant nous sommes deux). Je suis une habituée des grandes tablées. Du moins je l’étais et ça reste bien ancré dans le cerveau cette affaire ! Là, j’ai pu laisser cette manie se développer à son aise.
Déjà un premier kiff : faire grand.

Le truc que je dois avouer tout de même c’est que pour ce soir là, je voulais manger des choses qui me faisaient envie. Oui, je dois avouer que j’ai voulu, aussi, me faire plaisir à moi et chouchouter mon palais avec des mets inscrits dans mon répertoire sensible et gustatif. Vous savez, les fameuses Madeleines de Proust.
Alors j’ai commandé mon filet de bœuf Charolais, j’ai trouvé des coquilles à farcir pour mon entrée (oui, à l’ancienne, tu sais quand les coquilles se baladent dans l’assiette et que tu es obligé de les caler avec tes doigts) et j’ai fait le plein de vanille en gousses pour mon dessert.
Tout fut fait “maison” sauf les fagots de haricots verts entourés de lard que je n’eu su faire qu’avec des haricots frais (comme par le passé). Ici, point de haricots frais. J’ai trouvé le produit tout prêt au rayon congélation et je dois bien dire que ma foi, ils valent les “faits-maison”.

Pour l’apéritif, des classiques : toasts au foie gras (je n’en ai pas mangé mais les invités ont apprécié), toast aux œufs de lump (appelé le caviar du pauvre qui me ramène loin en arrière lorsque j’aidais ma mère à les tartiner). Oui, dites-le que c’est kitch mais pour moi c’est un clin d’œil à mon enfance et aux pirouettes “porte-monnaitales” que maman effectuait pour ravir toute la si grande famille. Respect. Communion.
Et puis des nouveautés (pour moi) : des Wraps au saumon et œufs de saumon et des dates fourrées au Roquefort enveloppées de bacon et passées au four. Croustillant à souhait.
Tout cela fut fait au matin. Trouver un endroit frais pour les faire patienter en attendant le soir.
On passe à autre chose.

Les Coquilles Saint Jacques, plutôt vite préparées. Une sauce juste épaisse comme il faut, pas trop de beurre, de la crème, du vin blanc, du gruyère sur le dessus pour joliment gratiner. Tout simple. Mais le plaisir et l’émotion des invités devant ce plat qu’on ne fait plus : j’ai adoré. S’apercevoir que je ne suis pas la seule à qui manquait ce clin d’œil du passé pour envelopper l’estomac autant que le cœur. Une “vieille” entrée qui ne se fait plus.
Bref. Direction le frigidaire.
Ah, ça commence à se serrer la d’dans.

Le dessert, mon dessert préféré (oui oui , hyper égoïste en fait ma bienveillance envers mes invités). Le Vacherin de mon enfance.
De la crème, plein de crème, des œufs, du sucre, beaucoup de sucre et des meringues. Çà, je l’avais préparé l’avant veille.
Au congélateur jusqu’au dernier moment pour le servir décoré de crème fouettée et de framboises. J’ai fait une petite modification à la recette de base : j’ai ajouté des framboises lors du montage afin d’alléger le tout. J’ai bien fait. Cela n’enlève rien à la recette et ajoute un petit goût acidulé plutôt appréciable. Quant au visuel, c’est trop beau, ce rouge dans l’assiette. Je réitérerai.

Le plus gros fut la préparation du filet de bœuf, une grande première.
Milieu d’après-midi : le farcir de foie gras (oui, encore), le faire rissoler. Laisser refroidir et l’envelopper dans de la pâte feuilletée. Mission délicate (tirer la pâte au maximum pour bien emmailloter la “bête”) mais facile pour la manuelle que je suis. Coller les jointures (comme en poterie). Découper des étoiles à l’emporte-pièce (comme à la maternelle) et décorer. C’est joli. Un petit tour au frigidaire pour attendre le moment “M” où j’allais le mettre au four après l’avoir câliné d’un jaune d’œuf. Moment crucial où les verres de champagne commencèrent à faire effet. Concentration. Concentration. Hips !
40 minutes à 180°C. Pâte croustillante. Viande rosée juste ce qu’il faut en centre.
Pour le découpage là, rien de simple. Je vous conseille, si vous décidez un jour de faire cette recette, d’avoir en votre possession un couteau électrique. Et oui, maman en avait un. Ce souvenir me revint lorsque je me débattais entre mon couteau à pain pour la croute et le couteau à viande. Argh… le carnage !
Fort heureusement un des invités, homme de terrain (ancien restaurateur) intervint. Merci à lui.
Mise en place dans un joli plat avec les haricots en fagot et des pommes Duchesse (oui des pommes de terre tout de même au menu, pour mes amis belges!).
Un gros coup de feu comme ils disent en cuisine. Une petite bouffée de chaleur et j’ai enfin pu me détendre.
Le plat principal était sur la table. Un bon Bordeaux avec çà. Oui, oui, j’vous dis, j’me suis gâtée.
Et mes deux sauces ; l’une au Madère, l’autre au Cognac. Tout le monde a goûté les deux.

Des pauses. Beaucoup de pauses entre les plats. J’ai plutôt mal géré les temps de cuisson. Personne ne s’en est plaint. Ainsi, les petits estomacs ont eu du répit entre chaque met.
Minuit arrive juste après la viande. Nickel.
Joyeux Noël !!
Des cadeaux petits et grands.
Et puis un moment fort émouvant où l’un de nos amis se mit à genou avec sa petite boite à la main. Sa compagne ouvrant le petit paquet et l’entendre ânonner : “Non c’est une blague?”.
Une bague de fiançailles !
– Veux-tu devenir ma femme?
Grand moment. Frissons garantis. C’était beau. Moi qui voulais de l’Amour, j’étais servie !
Le temps de reprendre nos esprit. Une heure passa.
Nous retournons à table : Dessert.

Je n’avais plus qu’à mettre en place. Facile.
C’est la seule chose que j’ai prise en photo. Je n’avais plus le stress des cuissons à surveiller. Dommage, je ne sais pas vous partager d’images, trop prise dans l’ambiance pour penser à prendre des clichés.

Voilà. Ce texte n’a pas un grand intérêt littéraire mais vraiment pas du tout. Juste je note ce moment dans mon agenda. J’inscris ici ce passage où j’ai bien géré le stress (Asperger tu ne m’auras pas) et où je me dis que je ne suis pas maladroite comme on me l’a répété durant tant d’années.
Et puis, ce repas correspond à ce nouveau chapitre de ma vie où je me sens à l’aise là où j’avais perdu le goût des choses. Important. Passage très important.

Texte un peu long mais bien en correspondance avec les préparatifs en amont de la soirée et le réveillon par lui-même (j’ai éteint les bougies à 5h du matin).
De longues heures écoulées et pourtant la soirée est passé “comme une balle” (comme ils disent ici).
Mes amis ont bien profité. Ils ont repris de chaque plat.
Ils ont fait honneur à mes souvenirs et leur ont donné vie.
Oui, c’était bien. Je recommencerai. Noël réveille !
©Rose – 26/12/2015

Un 4/4 et la joie en ton cœur gonflera

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Un petit coup de mou !?
Allez, tu as de la farine, des œufs et du sucre, et même du beurre ? C’est tout ? Mais c’est amplement suffisant.
Yes !?
C’est parti…
Un petit Quatre-quarts tout simple. De la vanille tu ajouteras.
Ça gonfle dans le four. Ça sent bon dans toute la maison. Ça te donne du ressort.
Une confiture précieuse offerte par une grande sœur adorée, étalée en plein milieu, tu déposeras.
Et voilà. Le stress des fêtes de fin d’année qui approchent, tu sentiras passer.
Quelques kilos superflus tu prendras mais de la joie dans ton cœur partout innondera.
©Rose

Snowy

Snowy the Mouse Man, Cambridge by Don McCullin 1973

Snowy l’Homme Souris, Cambridge par Don McCullin – 1973.

« La souris prouva qu’elle n’avait besoin de personne en sortant toute seule et en se taillant un morceau de savon en forme de sucette.
– N’en colle pas partout, dit Colin. Ce que tu es gourmande !  »
Boris Vian – L’Écume des jours – 1947.

tatâTÂ thème

tatâTÂ thème

                Je ne me souviens jamais. Je ne me souviens jamais et pourtant ce jour là, tous les ans, se passe une chose étrange. Et ça me revient. Oui, c’est TON jour ! … Lire la suite

L’accueil fait l’un.

Nouvelle vie.
Beaucoup de questionnements.
Inspiration en berne.
Langueur que j’ai bien connue par le passé.
On ne perd pas de temps : Premier rendez-vous chez un psychologue.
Besoin.
Quelques minutes d’attente.
Attiré par ma présence, un chaton surgit.
Unité de ton.
Sourire. Décompression.
Un nouvel ami que je vais, assurément, voir grandir.
La séance peut commencer.
IMG_3742 - Version 2 » L’objet de la psychologie est de nous donner une idée tout autre des choses que nous connaissons le mieux. »
Paul Valéry.