La nappàmaman

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Une nappe. La nappe.
Combien d’enfants auront bavé dessus ? Combien d’oncles auront laissé couler la goutte de vin le long du verre à pied ?
Et les miettes ? Le pain rompu. Les restes de pain que l’on dispersait dans le jardin.
Combien de passages d’éponge après chaque repas.
Car elle était recouverte d’une toile transparente que je détestais mais ô combien pratique, tant les grandes tablées se suivaient et ne laissaient que peu de temps à maman pour tout préparer.
Bien sûr, nous l’aidions. Chacun avait son rôle. Y compris celui de mettre une joyeuse pagaille dans la maisonnée.
Un jour. Une armoire à vider. Cette nappe.
Je n’ai pas su la jeter. Des années après, je la retrouve , je la déplie. Elle est très usée. Même maman n’avait pas su la jeter.
Je la respire espérant, comme un chien, retrouver son maître.
Décidée à lui offrir une fin de vie digne, je la dépose sur la table du jardin.
Pas de plastique dessus. Juste du soleil, des auréoles de vin et ce soir, quelques gouttes de pluie ; et puis les rires de la marmaille et la grosse voix de papa pour calmer tout ça.
Bref, il pleut sur la nappàmaman.

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Jaune d’Or

Aventsemant.JaunedorÀ chaque fois, j’entends de loin le moteur déchainé du tracteur qui tire sa remorque à vide.
J’accours à ma fenêtre.
À chaque fois, je suis avec lui, sur le côté, les cheveux au vent.
Le retour des champs. Le bruit du moteur plus lourd, la cariole surchargée qui parsème des flèches jaune d’or sur son passage.
À chaque fois, j’y suis. Là, entre deux bottes. Ça pique les fesses, ça rentre dans le maillot, ça sent bon… Merveilleusement bon.
Les frères et sœur, les cousins cousines. Lequel, cette fois, aura eu le droit de s’installer dans cette grosse cabane brillante et odorante qui se déplace comme un tapis volant ?
Les bottes sont différentes. Plus imposantes. Plus dangereuses sans doute. Plus d’enfants qui accompagnent de leur rire la cargaison.
Ça me pince un peu.
Mais moi, à chaque fois, j’y suis ; là-haut, perchée dans ces souvenirs de mon enfance. À chaque fois.
Merci aux paysans de ma région.
Toute ma reconnaissance

Chkrounch Chkrounch

Aventsemant.Chkrounch

Promenade matinale à la fraîche.
Rencontre avec l’odorante que j’ai repérée depuis un moment. Ça sent le lait, la bouse, la robe. Je connais. J’aime.
Mais où ?
Elle se trouve au dessus du petit chemin.
Vue !!
Réveillée bien avant moi, elle était en train de finaliser le broutage de la rosée du petit matin.
Elle leva la tête ; et reprit son casse croute bruyant d’entre ses dents écrasé.
J’ai continué ma balade avec ce tempo : Chkrounch chkrounch chkrounch…

Le véritable sens de la liberté…

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« Les poissons nagent librement dans la mer, insoucieux de l’eau. Les oiseaux volent librement dans le ciel, inconscients de l’espace. Les hommes vivent librement dans le monde mais ils s’encombrent de fardeaux et de soucis. Quand tu auras saisi le véritable sens de la liberté, tu monteras bien plus hauts que tous, hommes, poissons, oiseaux confondus, dans la pleine jouissance des lois de la nature. »
TchongTseu.

Je reviens

 

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Aquarelle : Rebecca Pearl

De retour, après un gros déménagement, la perte de mes données internet et j’en passe.
J’ai quelques textes en retard mais je les ai enregistrés dans mon ordinateur.
Je les publierai à la date d’écriture. Aussi, mes articles précédents (et donc passé mais postés dans le présent), ça va être un peu « Retour vers le Futur » cette histoire/ce bin’s.
J’ai aussi beaucoup de photos mais j’en aurai d’autres, ainsi que d’autres pensées.
La voie est de nouveau libre pour passer un peu de temps ici, avec vous tous.
Heureuse de vous retrouver.
Bien amicalement,
Rose.

Tu te maries

… et je n’ai pas su lire mon texte alors je le poste sur mon blog.
Texte impossible à lire à haute voix (même une semaine après) sans que je ne me mette à pleurer. Alors que chacun chougne derrière son écran d’ordinateur, ça fera moins désordre qu’à la sortie de la mairie (ah mais oui, j’ai pleuré aussi à la sortie de la Mairie). Enfin, vous faites comme vous voulez.
* La plupart des mots entre parenthèses sont des tuteurs pour m’aider à garder le contrôle de mes émotions.

(S’accrocher au micro et ne plus s’arrêter de lire en n’oubliant pas l’intonation et les pauses, jusqu’à la fin. C’est partiiii…)

Alors voilà. Nous y sommes.

Cher Richard (mon RichoubidouûÛ…)
Depuis cet instant où je t’ai vu cliquer sur le bouton “envoyer” de l’écran de mon ordinateur à aujourd’hui, vous avez pris le temps de vous connaitre tous les deux, de multiplier les moments de joies, de développer votre complicité pour ainsi arriver jusqu’à aujourd’hui.
À cet instant très exactement, je me souviens de ce que tu pressentais dans cette jolie personne qui s’approchait de toi pour illuminer ta vie. Je me souviens de l’ampleur des émotions qui te venaient et de la toute conscience que le destin, votre destin, était en train de se jouer.
Vos chemins se sont croisés pour ne plus jamais se séparer.

Aujourd’hui, vous vous mariez. Votre bonheur est palpable ; Notre émotion l’est tout autant.

Chère Karine (mon ChamalloôÔw…)
Très vite, avant même de t’avoir rencontrée, à l’écoute des pudiques confidences des 1ers émois de mon frère pour toi. Ah oui, tu verras, à la base, dans la famille nous sommes des “taiseux”, des pudiques, nous parlons peu (les secrets sont bien gardés) mais quand il faut que ça sorte, ça sort ; Enfin, sauf moi : t’as qu’à regarder la longueur de ce texte ! Donc, très vite, en ressentant l’amour qui se dégageait de vos premiers échanges, en voyant les yeux de ce frère briller à nouveau, sans même te connaître, je t’ai attribué le petit nom de Chamallow. C’est une manie chez moi : chacun se retrouve avec un joli surnom.
Je pense que tu ne le savais pas. Voilà, c’est fait !
Une femme douillette contre laquelle il doit être bon de câliner.
Une toute douce, une roudoudouce, une “rose aux pommettes”, au sourire communicatif. Une “moelleuse” au regard qui pétille qui ferait chavirer n’importe quel bloc de granite. C’est qu’il y a de ce granite là dans nos origines auvergnates.
Un loukoum, adorable, à croquer, avec le caractère bien trempé, bien comme il faut pour vivre avec un « de chez nous ».

Depuis, je t’ai rencontrée et je ne m’étais pas trompée.
Adorable, sachant s’adapter et toujours sa main qui part à la recherche de celle de son amoureux, celle de son mari maintenant.
Chacun dans la famille remercie le Ciel de t’avoir placée sur le chemin de Richard. Une petite femme comme toi emplie d’autant de qualités, alors là, il ne fallait pas la laisser passer.
(Regarder l’assemblée…)
– Trop tard les gars, elle est mariée maintenant !!!

Bienvenue à toi chère Karine « de chez nous ».

Des mois et des mois que nous attendions ce mariage.
Pour ma part, j’ai appris cette bonne nouvelle le jour de Noël, quand Richard, tout heureux, m’annonca que tu avais dit “Oui”.
Un mois, deux mois, presqu’une année, jusqu’à aujourd’hui, à tenir l’excitation comme avant Noël.
Voilà, c’est çà : Aujourd’hui comme presque tous les jours de l’année, à vous deux, vous m’avez tenue en haleine comme pendant une veillée de Noël, et une autre et encore une autre.
Les jours se sont suivis, les surprises ont jalonné chacune de nos existences et l’année a donné comme un coup d’accélérateur à notre famille. D’ailleurs ta belle cicatrice au genou ne nous confirmerait-elle pas ta fougue à appuyer sur la pédale d’accélération !!?

Cette année 2017 est la votre. En tous les cas, dans mon foyer, je peux dire que l’énergie de votre union s’est propagée journellement. De la gaïeté, de l’enthousiasme en attendant ce jour. L’attente du grand jour était un enchantement.

Et aujourd’hui c’est LE jour. Le Cadeau c’est VOUS.

Vous souvenez-vous de notre excitation d’enfant au pied du sapin ?
Vous souvenez-vous de celle de nos parents, heureux de nous offrir une année supplémentaire, cette joie familiale et précieuse ?
(regarder autour)
Nous ne sommes plus des enfants, et pourtant, en ce jour, j’ai comme une impression de Noël lorsque toute la fratrie était présente. Les sentiments de “clan” et de joie partagée ne m’ont jamais été aussi délicieux.

La dernière fois que nous fument réunis tous les cinq, c’était pour saluer une dernière fois notre père. C’était un jour triste où notre fratrie a gardé la dignité qui nous avait été enseignée et où chacun a compris sa valeur fondamentale dans la solidité des fondations de la bâtisse/famille construite vaillament par nos parents : la Fratrie.

Aujourd’hui est un jour différent. Aujourd’hui est un jour de Joie et nous sommes tous là. Mais le corps est là ; La bâtisse est solide et nous accueillons Karine avec joie.

Aujourd’hui, vous vous mariez. Votre bonheur est palpable ; Notre émotion l’est tout autant.

(Regarder Riri, Kiki, Titi et Poussin)
Tu le sens ce sang qui coule dans nos veines ?
Tu l’entends le rire de Maman ?
Et au loin, Papa qui grommelle, tu le perçois aussi ?
Aaaah… je sais que vous y êtes là, hein !?
(Sourire et ne pas « pleurer »)

Nous ne sommes plus des enfants.
Nous sommes des parents, des adultes, des papas, des mamans. Et nous sommes le fruit de l’éducation de Mireille et Jean.
À nous cinq, il me semble, nos cœurs si proches s’unissent pour donner corps aux leurs.

Pardon Karine et Richard mais il me fallait énoncer leurs noms pour inscrire plus “matériellement” leur présence auprès de nous, auprès de vous en ce jour merveilleux qui les enchanterait. Que dis-je !? “Qui les enchante”, à n’en pas douter.

Que tous nos cœurs qui battent à l’unisson autour de vous, bénissent votre union.
Les nôtres, ceux de ta famille à toi Karine, ceux de vos filles et ceux de tous vos amis ici présents.
Que le sourire de Maman habille chacun de ses enfants et petits enfants et vous accompagne de sa bienveillance et de sa générosité.
Que les grosses mains de Papa empoignent chacun de nos petits bras et vous apportent sa force physique et mentale.

Chacun est heureux. Chacun vous aime.
Tout votre monde est là.
Merci pour ce jour de félicité où l’Amour est roi.

Toutes nos félicitations à vous.

Vive les mariééééés… !

Rose, le 7 Octobre 2017.

©À Vent Semant

l’Angèle veille

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Tout d’abord il y eut les nuages ; Ces nuages attachants de Belgique qui, malgré la distance, nous ont suivis jusque dans ce recoin de France protégé par la montagne des trois Becs.
Une nuit complète sur la route.
Le soleil se lève mais il reste à l’écart, protégé par de grosses masses ombrageuses dans le ciel. Pourtant, immédiatement, les yeux fermés, la brise te renseignerait sur ta destination : des pins à profusion, la délicatesse de la fleur de clématite sauvage, la mauve, le plantain, les chênes truffiers, les tilleuls et puis la roche. Cette roche semblable à mes jeunes années en Haute-Loire. Si si… renifle-bien et tu remarqueras le goût du basalte et du calcaire qui se glisseront jusque sur ton palais. À moins que ce ne soit le goût ferreux de l’eau claire et riche brassée par le courant du torrent qui se mêle au mistral.Aucun doute, nous approchions du but.
Quelques derniers kilomètres sur des petites routes en lacets et puis le dernier chemin, tout droit, tout caillouteux qui dégage une légère poussière sur notre passage. Assurément, chaque visiteur est repéré de loin.
Le Cyprès. Nous y sommes. Les retrouvailles. Mon petit homme, sa tante et son oncle. Moi qui ravale ma glotte de tant d’émotions partagées, de tant de pudeur.
Le Soleil est bel et bien présent, au cœur de cette rencontre dans la vallée de la Drôme, dans cette maison, ce grand domaine, terrain fertile qui a vu gambader les enfants de la famille, été après été.
Le décor est posé.
Une tartine, deux tartines, un verre, deux verres, la découverte de notre chambre, nos bagages débarqués et sans perdre de temps sur notre court séjour, décision fut prise d’aller voir la rivière : le Roubion qui coule un peu plus bas de la propriété.
La fatigue envolée, chaque instant était à vivre tout de suite. Une espèce de boulimie de récolte de sentiments, de pigments et de parfums était en marche. La pluie n’est pas tombée. Le beau temps, protégé par les grands vents, a réapparu et les balades en sandalettes ont pu se multiplier.
Tant de choses à raconter. Tant d’images enregistrées. Tant et tant d’instants mémorisés. Quelques photos pour “garder” des traces. Je ne saurais tout raconter en quelques lignes. Beaucoup de Pagnol, partout. À relire. Un livre entier sous nos yeux ; Enivrant.

Par delà toutes les découvertes que j’ai faites, un fil conducteur : l’enchantement de l’homme de mon cœur devant chaque colline, chaque montagne, chaque chemin, chaque caillou (il en a rapporté un) et puis chaque recoin de la maison.
Tant de souvenirs gravés dans sa mémoire ; et de l’observer retrouver tous ces parfums, marcher sur ses pas de petit garçon et jouir de cette joyeuse euphorie au sein de sa famille était un cadeau de chaque instant. Que d’amour lui fut prodigué dans ce cadre enchanteur. Je le pressentais depuis quelque temps déjà et là, je l’ai ressenti. Ses petits yeux grands ouverts sur cette immensité, à percevoir le temps passé et à profiter à rebours de la magie de cet endroit qui a nourri son enfance et l’accompagna jusqu’à aujourd’hui. J’ai donc découvert l’un des recoins du cœur de mon Nâmoureux. J’ai trouvé la source de son petit côté “sauvageon”, le centre de son indépendance d’esprit ainsi que la base de son éducation. Comme il dut être bon de “pousser” entre la montagne des trois Becs, le torrent vivifiant, les champs grouillants de gibier, les papillons volant par nuées, les lézards de toutes sortes, les chauve-souris et puis la rivière, les couleuvres, les journées à crapahuter au grand soleil en totale liberté, le torse nu, les rires et les jeux partagés avec tes cousines.
Je t’imaginais tout minot, vivant une enfance semblable à la mienne en Haute-Loire. Pour ma part, durant cette parenthèse dans ce cadre féérique habillé de la forêt de Saou où la nature est reine, j’ai fait la connaissance du brocard, surpris dans le champs à la nuit tombante. J’ai aussi aperçu le mulot gourmand grimper le long du figuier au petit matin. Une couleuvre vipérine qui dégerpit au bruit de mes pas. Et puis les énormes chauves-souris, pas gênées, qui se gratouillaient le bedon à quelques mètres de la table au dessus de la terrasse. J’ai également appris le nom des montagnes.
Le Pic de la Chaudière a ma préférence mais j’ai aussi un petit faible pour la montagne d’Angèle (prénom cher à mon cœur) ; et de savoir qu’Angèle t’y a vu caracoler, veille cet endroit et le veillera pour toujours me fait fondre d’émotion.

Je comprends encore un peu plus ce qui nous rapproche tant.
À quelques cent-quatre-vingts kilomètres de distance, nous avons gambadé dans des terres vierges où l’enfant était Roi, où il avait comme domaine, la campagne à perte de vue, où toutes les histoires étaient possibles, tout était à conquérir et où tout finissait bien jusqu’à la fin de l’Été.
Qui eut pu imaginer que ces deux galopins à l’assaut des montagnes se rencontreraient un jour ?
Chaque année repoussant l’année précédente, doucettement nous avons grandi puis quitté ce paradis à la recherche de notre vie. Une sorte d’ingratitude mais aussi un élan donné par la vivacité de cet espace qui rend fort à jamais.
Toutefois, un jour vient où l’on se retourne et où l’on prend conscience que l’endroit dans lequel se love notre vivacité chancelante est ce lieu ; Celui-là même qui ne nous a jamais quitté et dans lequel nous plongeons par la pensée pour nous ressourcer encore et encore.
Qu’est-il devenu ?
Que suis-je devenu ?

Il y a quatre ans de cela, tu m’as fait la surprise de m’emmener dans mes terrains de jeux d’enfance. Ceux dont je te parlais tant. Moi qui n’osais plus. Moi qui craignais ne rien retrouver.
Tout était intact et ma force vive s’est rechargée comme par magie. Le charme a opéré. Je t’en suis reconnaissante.
Cette fois-ci, c’est toi qui m’as présenté ton monde à toi ; un monde enchanté qui, je le sais, imprègne fortement chacune de tes cellules.
Je suis heureuse d’avoir assisté à ces retrouvailles. Je suis heureuse et émue d’avoir auprès de moi un “homme des bois”, un homme qui respecte la vie, écoute le chant des oiseaux et sait regarder par delà les apparences. Un pareil à moi élevé dans la tendresse d’un foyer solide auprès de montagnes généreuses. Des racines vigoureuses.
Je comprends mieux.
Comme il me fut bon de vivre ce séjour auprès de toi, auprès de vous, Louise et Jean-Paul.
Participer à ce ressourcement fut une riche expérience.
J’ai appris que par ici on ne dit pas “merci” à quelqu’un (cela signifierait que l’on n’a plus besoin de lui). Aussi, je garde au chaud mes mercis et je charge les vents de disperser de tendres baisers parfumés au Picodon, que je grignote depuis notre retour, à vous deux, chers Oncle et Tante, à la Drôme et à la Vie qui avez su nous gâter chaleureusement, enchanter cette échappée et nous rappeler la préciosité du lien.

On passe bien souvent à côté de tout. Tout nous échappe, sans arrêts, même ceux qu’on aime. Mais quand tout s’arrête il nous reste la certitude que certains moments ont été des instants de bonheur ; et ces quelques jours, assurément, sont de ceux là.

Rose

©À Vent Semant. 30 Juillet 2017.

Vœux d’anniversaire…

Aujourd’hui est le jour de l’anniversaire d’un petit homme cher à mon cœur.
Je l’ai connu, il n’avait pas dix-sept ans.

Je me souviens de la toute première fois où je l’ai rencontré. Ça me revient brutalement.
Je développe :
Le hasard nous fit nous croiser bien avant que les présentations officielles ne soient faites. Dans la rue, en ville. Son père et moi nous tenions par la main, à baguenauder dans les rues pour faire connaissance avec ce qui deviendra mon univers. Entre deux draches et deux rayons de soleil en plein mois d’Août. Les pieds trempés dans mes sandalettes et ma petite robe d’été fripée.
Je me souviens de ma contrariété à me projeter de vivre dans un pays aussi taquin météorologiquement parlant. Moi qui revenais de Montpelier, tu vois d’ici l’brin dans ma tête ! “Le brin” : expression typiquement belge. 😉
Et puis, un parfum de gaufre. Ce même parfum qui me fait toujours faire le même détour, encore actuellement, lorsque je me trouve en ville.
L’appel était déjà trop fort : direction la marchande de gaufres.
Et puis là, sur le chemin, une petite tête brune qui dépassait de la foule. Je ne le connaissais pas mais je l’ai reconnu. Son père, en plus jeune, plus crolé (« frisé » en belge), l’œil vif qui, sans aucun doute, m’avait repérée de bien loin, lui aussi.
Le père et le fils en présence. Un ami l’accompagnait. Une discussion légère, sans vague.
Je crois que je suis resté muette. Je crois que j’étais impressionnée. Je pressentais déjà que ce petit cœur deviendrait l’une des choses les plus chérissable de mon existence.
Je connaissais, en partie, son histoire et désirais ne pas l’alourdir de ma présence, car je le savais aussi : je resterais auprès de mon amoureux qui m’apportait tant.
Nous devrions donc, ce petit bouchon et moi, nous “habituer” l’un à l’autre.
Quant à Nâm et moi, nous avions comme travail à venir, de faire avec l’existence de l’autre.
Vous qui avez refait votre vie sur le “tard”, vous me comprendrez.

Aussi, ce jour là, je découvris la part cachée de mon Chéri, le fond de son cœur, le fruit de son amour, le gouffre et sa grande fragilité ; je découvris l’être qui compte plus que tout au monde, celui que si tu le touches, t’es mort, celui qui transcende sa raison d’être en vie, celui qui est porteur de tous ses espoirs et de tout son amour. Ce petit bout d’chou au large sourire et au regard d’acier. Ce petit mec (à l’époque) chargé de l’affection de ses parents aimants qui diffuse autour de lui une force impalpable mais bien réelle. Sans doute n’en était-il pas conscient. Depuis, les bonnes bases transmises par ses aïeux, ont œuvré pour son développement. Depuis, je crois, il vit harmonieusement, ces forces multiples qui le parcourent et le rendent tantôt vainqueur, tantôt arrogant. De cette arrogance des jeunes années qui font pousser haut les bonnes graines.

Un bisou d’au revoir. Oui, ici, on ne fait qu’une bise (et pas deux ou trois, ou quatre. Juste une). Un “À la prochaine” et chacun reprit le cours de sa vie (et moi, le chemin vers ma gaufre à la chantilly).
Pas le temps de me la déguster qu’un léger picotement vint me chatouiller le bord supérieur de ma lèvre. Je finis ma gaufre avec un bon thé, je m’en vais faire un tour à la toilette (oui c’est au singulier ici). Je me mire dans le miroir et je découvre la belle poussée d’un bouton de fièvre sur ma bouche. Je me dis que la chantilly était avariée.
Puis, cette petite brulure qui perdura dans l’après-midi m’en rappela d’autres ; celles où elle prit place sur ma face à chaque gros évènement dans ma vie.
Force fut de constater que cette première entrevue avait bouleversé mon organisme tout entier au point de me faire chauffer le sang.
Aucun doute : j’étais en présence de mon avenir et je devais prendre soin de cette relation qui venait de naître brutalement après quelques mois de danse amoureuse rien qu’à deux. Dorénavant nous serions trois. Et mon petit corps fragile et peureux avait réagi violemment.
Pas de panique, ce n’est que du bonheur. Oui mais à cette époque là, moi, le bonheur, ça me faisait paniquer. Donc, panique à bord. Le spot sur ma bouche flaschait comme un gyrophare. Il repartit comme il vint. Le temps de comprendre le message et d’accepter enfin l’amour qui ne demandait qu’à se propager autour de moi.

Le temps a passé. Les rencontres furent de plus en plus longues, de plus en plus fréquentes.
Le bonheur s’installa dans ma vie, vaillamment, fidèlement. Mon Chéri en tête de proue. Son “tout petit” prit sa place dans mon cœur, doucettement, normalement. Évidence.
Je participais, à mon niveau, à son avancée. J’apportais mes conseils, mon soutien et mon affection. Mais bon sang, ce qu’il en a réalisé des choses en quatre ans et ce, sans l’aide de personne en fait. Sa volonté, son courage et sa pugnacité. Un jeune homme se développait sous nos yeux. Comme un spectacle joyeux. Respect.
Tant de choses positives se sont passées depuis lors. Le lien s’instaure. Le manque aussi, parfois.
Il a grandi. Il se développe, fort et fiable comme son père.
Il rua quelque fois à la recherche du poitrail de son paternel. Paternel à la forte caisse de résonance qui resta calme et compréhensif mais toujours calé sur ses idées. Ah aaah… les différents entre ces deux là !
Ils parlent fort dans des conversations passionnées.
Je me souviens aussi des premières conversations auxquelles j’assistais entre son père et lui. Ça montait le ton, ça brassait fort de l’air dans la maison.
C’est qu’en fait par ici, je l’ai découvert avec le temps, les gens parlent fort (du moins pour moi qui vient d’un “pays” où le ton est plus nuancé) et deux belges avec des origines méditerranéennes, vous voyez le tableau !
Je me souviens avoir voulu partir en courant, petite sauvage aux oreilles fragiles que j’étais. Mais c’était “normal”. De la communication sans barrière. Un ado en recherche. Un papa un peu dépassé. Et puis moi, une muette chronique qui maintenant, a bien évolué dans sa capacité à dialoguer.
Deux tempéraments forts. Depuis, je me suis habituée. C’est de la passion qui se dégage quand je suis en présence de ces deux là. Je me suis habituée ou bien, ils se sont assagis. Je ne sais pas trop. Le lien s’harmonise. L’amour est fort. La compréhension mutuelle ; et l’intelligence émotionnelle présente, tellement présente. Merci.
Toujours est-il que lorsque je suis en présence de ces deux hommes (car tu es un homme maintenant), je me sens bien. Je vous sens bien. Je me sens chez moi.
Qu’il neige, qu’il drache ou que le soleil nous fasse l’honneur de sa présence, je suis à ma place, entre ces deux cœurs forts et fidèles.

Aujourd’hui est donc le jour de tes vingt et un ans. Pour moi, c’est le moment véritable du passage à l’âge adulte (plus que les dix-huit ans). L’adolescent disparait pour laisser apparaître l’homme qui se préparait dans ce petit corps chétif et meurtri par les douloureux évènements de la vie.
Je suis heureuse pour toi. Tu grandis bien. Tu deviens un homme bien et tu portes haut les valeurs transmises par tes parents.
Ton papa et ta maman ont bien œuvré et tu as su te développer envers et contre tout/tous.
J’ai envie de les remercier tous les deux pour ce jour béni qui t’a vu naître.
Je sais combien tu étais attendu et combien tu as été aimé dès ton premier inspire. Tu as eu cette chance.
Je suis arrivé bien tard dans ta vie. J’espérais secrètement que tes parents se remettent ensemble. Ça arrive parfois. Peut-être l’espérais-tu aussi. Mais ce ne fut pas le cas. Je suis là et tu m’as acceptée. Je te remercie aussi pour celà.
Tes parents t’aiment fort, assurément, mais te voilà flanqué d’une “belle-mère” qui s’ajoute à cette ronde autour de toi.
J’espère ne jamais t’étouffer et toujours savoir t’apporter mon soutien.
Je garde ma place et en dedans, régulièrement, lorsque je te sens le moral en berne, je te serre fort dans mes bras, comme l’enfant chéri que tu représentes pour moi ; Un enfant tout fait. Un enfant parfait.

Aujourd’hui devrait être le jour où je dois abandonner les Mon ti’bouchon, M’chou, Ticœur, Tichat, Tid’hôm, Tiloup et autres petits noms de petit garçon adorable et adoré que je te donne. Oui, tu es un grand maintenant. Va falloir que l’on s’y fasse ici à la maison.
Je vais essayer. Ce n’est pas gagné ! 😉

Que ce passage t’apporte le meilleur. Que cette nouvelle année te réserve encore de belles découvertes, des challenges comme tu les aimes et te porte loin par delà tes espérances.

Joyeux anniversaire à toi, petit cœur d’homme en plein épanouissement  ❤

©À Vent Semant

Deviner l’Appel

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Tu glisses ton pinceau chargé de térébenthine dans le pigment pur Jaune de Cadmium.

Tu le maries délicatement sur le bord de la virole à ton Vert « Printemps » préparé suavement.

Tu déposes le tout à un endroit sur la toile ; celui qui manquait de « quelque-chose » ; celui qui appelait ce Quelque-Chose et dont, comme un souffrant ne sachant dire son mal tellement il a mal, tu dois deviner l’appel.

Tu l’as entendu.

Et, c’est bon.

©À Vent Semant.

Reiki Mikao Usui. 1er degré.

 » Rose a atteint les connaissances nécessaires et a reçu les initiations du premier niveau du système Usui de guérison naturelle Reiki (Usui Shiki Ryoho). »

 » Rose has attained the necessary knowledge and has received the attunements of first level of Usui system of Reiki natural healing (Usui Shiki Ryoho). »

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